mardi 7 mai 2024

II - 6) La croyance en une révélation divine est circulaire

 

La croyance en la révélation divine est circulaire, uniquement basée sur un texte (qu’il soit oral ou écrit). Pour simplifier, le seul argument de ceux qui attestent qu’ils ont reçu une révélation divine est qu’ils l’ont reçue. Ainsi le texte qui atteste qu’il est la volonté de Dieu est l’unique preuve qu’il est la volonté de Dieu, il s’auto-alimente et s’auto-justifie. Le fait d’affirmer quelque chose n’en fait pas une vérité et pourtant le seul argument concret des tenants de la révélation divine est qu’ils l’ont lue. Cela revient à dire que l’on croit en Dieu parce qu’il l’a dit et que l’on sait qu’il l’a dit parce qu’on croit en Dieu et que l’on croit en Dieu parce qu’il l’a dit et que l’on sait qu’il l’a dit parce qu’on croit en Dieu. Ainsi toute croyance voulant se prouver vraie s’appuie sur ses propres textes attestant de cette véracité. Demander à un croyant pourquoi son dieu est le vrai dieu ne peut mener qu’à une réponse : « parce que c’est inscrit dans mes textes sacrés ». Mais chaque croyant de chaque culte peut faire cette même réponse, quelques soient les différences intrinsèques de leurs religions respectives. Donc cet argument est irrecevable en tant que preuve si les textes mentionnés n’amènent pas de preuve concrète de la véracité de leur message (d’une manière qui m’échappe totalement mais là encore, je ne suis pas Dieu pour avoir la science infuse et la toute-puissance), or ce n’est le cas d’aucun dogme sur Terre.

lundi 6 mai 2024

II - 7) Nous aimons mieux nos enfants que Dieu ne nous aime

 

L’un des éléments les plus problématiques, si ce n’est le plus problématique à mes yeux tout du moins, est la nécessité même que Dieu a à se révéler à ses créatures et à exiger qu’un culte lui soit rendu. Le créateur de toutes choses, des milliards et milliards de galaxies, de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit, du visible et de l’invisible, de l’énergie et de la matière, du bien et du mal, de la chair et de l’âme, de tous les atomes de l’univers, du temps, de l’espace, des autres dimensions que nous ne soupçonnons pas, ce créateur ressentirait le besoin, la nécessité, de révéler son existence et surtout des règles de comportement à ses créatures. Je parle bien de besoin et de nécessité car cela nous fait entrer dans une antinomie : Dieu ne peut être soumis à la nécessité car il est tout puissant, mais paradoxalement tout ce que Dieu fait est nécessaire puisqu’il est Dieu et qu’il est créateur de tout, sa nécessité fait la réalité. Dans un tel paradigme il faut donc comprendre que Dieu nous aurait créés nécessairement pour le vénérer. Cette affirmation en soi n’a pas de sens.

Mais à titre personnel, sur le sujet de la vénération, ce n’est pas la réflexion qui m’a le plus éloigné de l’idée d’un Dieu créateur révélé. Ma réflexion à ce sujet est plus pragmatique. Dieu est parfait, véritablement parfait, et il est en quelque sorte notre père à tous. Dans sa perfection il nous fait parvenir des messages nous indiquant comment nous comporter, comment bien lui obéir en tout au point que toute notre vie, nos actions et nos pensées sont affectées par les règles qu’Il nous a données. En tant que père moi-même, bien qu’une paternité humaine ne puisse être que bien peu de chose face à la « paternité » divine dans un paradigme religieux, je ne comprends pas cette façon de faire. Quand on fait des enfants dans un cadre aimant (or Dieu est supposé être amour) on ne les élève pas pour devenir exclusivement de bons automates obéissants, on les laisse se tromper, faire leurs propres expériences et même bien souvent prendre des chemins imprévus en s’éloignant de la manière de voir les choses qu’on estime la plus juste et la plus adaptée pour eux. On n’est pas maître de leurs destinées, de leurs pensées, de leurs actions et pourtant cela n’altère en rien l’amour qu’on peut leur porter. Ce n’est pas parce qu’ils ne reflètent pas notre volonté exclusive qu’on les blâme, qu’on les punit et qu’ils doivent être soumis à notre vindicte. Comment alors expliquer qu’une créature faible et faillible comme l’être humain se montre plus bonne, compréhensive, aimante et tolérante qu’un dieu parfait avec le fruit de sa création. Nous aimons mieux nos enfants que Dieu ne nous aime, car dans le besoin de vénération qu’il nous impose Dieu se montre incompréhensif, rancunier et vindicatif.

dimanche 5 mai 2024

II - 8) Dieu crée ses propres interdits

 Un autre obstacle à la crédibilité de la notion de Dieu révélé, et donc de révélation divine, est que Dieu crée ses propres interdits alors qu’il aurait pu ne pas le faire, donc au final Dieu crée pour les hommes les conditions de faire le mal. Un Dieu créateur aurait pu faire en sorte que ses créatures ne soient pas soumises aux aléas du péché mais il n’en est rien, il a fait le monde et y a créé des choses néfastes pour l’homme. Or rien n’aurait été plus simple pour lui que de créer un monde idéal où les humains auraient pu s’épanouir, ainsi il a bien créé le jardin d’Eden et le paradis et ces deux endroits sont à priori exempts de  tout péché (bien que pour le jardin d’Eden la fin de l’histoire est connue). Ainsi s’il a créé les conditions pour faire le mal alors où est donc sa miséricorde ? Certains arguent du fait que c’est pour permettre à l’homme de faire preuve de libre arbitre mais cet argument limite de fait la toute-puissance de Dieu. S’il n’est pas en mesure de créer un monde où sa créature possède son propre libre arbitre tout en étant totalement à l’abri du péché peut-on encore parler de Dieu tout puissant ? Un autre argument des religieux visant à réfuter cette analyse est que Dieu a créé l’Homme faillible pour tester sa foi et sa fidélité. Mais que penser alors d’un Être qui se qualifie lui-même de bon et qui, alors que ce n’est pas nécessaire, soumet ses créatures à des tentations qu’il a lui-même prédéfinies pour les punir (potentiellement de manière atroce et pour l’éternité si l’on en croit les descriptions des supplices infernaux) dans le cas où elles échouent à y résister ? Dans tout autre cadre que celui du plan divin on qualifierait un tel être de despote pervers, mais dans ce cas précis on met cela en avant comme étant une preuve de sa miséricorde et on conclut par « les voies de Dieu sont impénétrables » ou « Dieu sait mieux ». Cacher sa vilénie derrière un discours d’amour est l’un des symptômes de la perversion narcissique, de là à attribuer cette tare à notre hypothétique créateur divin il n’y a qu’un pas.

L’exemple du jardin d’Eden accrédite encore plus cette idée que Dieu, tel qu’il nous est présenté dans la tradition abrahamique, ne peut être un Dieu bon. Tel que nous l’avons vu précédemment le jardin d’Eden était une création parfaite vierge de tout mal et de tout péché, or Dieu y a sciemment introduit la source de la faute tout en sachant qu’Adam, étant donné qu’Il l’avait créé comme tel, succomberait à la tentation. Ainsi Dieu a créé de lui-même un interdit dont il aurait pu s’abstenir pour le soumettre à un être dont il sait qu’il brisera cet interdit et ce pour finalement le punir lui et toute sa descendance. Il y a réellement un côté pervers extrêmement prononcé dans cette façon d’amener volontairement à la faute pour ensuite le reprocher et châtier avec une rigueur disproportionnée. Dans un tel paradigme je suis plutôt satisfait que mes réflexions m’amènent à croire qu’un tel Dieu est une invention humaine plutôt que de penser qu’il pourrait véritablement être notre créateur et le maître de toutes choses.

samedi 4 mai 2024

II - 9) La question de l'existence du mal

 Cette dernière réflexion sur le péché instauré lui-même par Dieu peut être étendue plus généralement à LA question de l’existence du mal. Pourquoi un Dieu infiniment bon aurait-il créé le mal, et pourquoi accablerait-il aveuglément ses créatures même parmi les plus innocentes et les meilleures. De nombreuses justifications théologiques existent à cette problématique mais au final ce ne sont souvent que des pansements sur des jambes de bois et elles ne répondent aucunement à la question de pourquoi Dieu a créé le mal, la souffrance, la peine, alors qu’il aurait tout aussi bien pu ne pas le faire. En dehors du sempiternel « les voies de Dieu sont impénétrables » il n’y a aucune justification pleinement logique à cette situation. La réponse la plus juste est alors de penser que Dieu ne s’est pas abstenu de créer le mal car Dieu n’existe pas. S’il existait et qu’il était infiniment bon il n’aurait pu permettre l’existence de mauvaises choses.

Il est toutefois possible de concevoir un Dieu créateur qui ne soit pas infiniment bon et qui ait pu laisser le mal se propager dans sa création. Mais dans ce cas, s’il n’est pas bon pourquoi donc lui obéir ? Ce n’est pas parce qu’il nous a créés qu’il faut le vénérer en cas d’injustice. Un parent injuste et abusif n’est pas un bon parent et il n’a pas à être respecté donc un dieu injuste et abusif n’est pas non plus un bon dieu, il ne mérite pas qu’on lui voue un culte.

vendredi 3 mai 2024

II - 10) Conclusion sur la notion de Dieu révélé

La conséquence logique de cette dernière réflexion est donc que soit Dieu n’existe pas soit, en tant que créateur du mal alors qu’il aurait pu ne pas le faire, il est lui-même mauvais et n’a pas à être adoré. Etant donné les autres réflexions que j’ai pu mener préalablement dans ce texte j’en arrive à la conclusion que Dieu n’existe pas, ce qui est finalement un soulagement face à la seule autre alternative possible qui est celle d’un Dieu mauvais et des tourments promis à ceux qui ne lui obéissent pas.

Cette conclusion pourrait clore ma réflexion néanmoins il me semble primordial de pousser plus loin pour comprendre en quoi la révélation islamique spécifiquement (mais bien d’autres parmi les religions existant sur terre le sont aussi) est nocive et problématique. Il n’est pas impossible de supposer qu’une révélation divine, même issue d’un Dieu mauvais car créateur du mal, ne soit pas nuisible à l’existence des gens qui suivent son dogme et à celle des gens qui les côtoient, que le seul mal soit le produit même de l’existence de Dieu. Mais je compte démontrer que dans la révélation coranique ce n’est pas le cas et qu’elle contient des textes qui sont intrinsèquement néfastes. En outre j’aborderai également des éléments strictement liés aux considérations religieuses, à la véracité des informations ou à la logique pour démontrer en définitive la fausseté de cette croyance et de ces textes.

jeudi 2 mai 2024

III - La notion de Dieu islamique

Sur cette question mes réflexions porteront sur des problématiques à la fois d'ordre religieuses, logiques et éthiques. Toutes n'ont pas la même portée mais le simple fait qu'une seule d'entre elles (principalement les religieuses et logiques, l'éthique n'ayant pas la même incidence sur la question de l'existence d'Allah mais étant toutefois primordiale) puisse invalider l'existence d'Allah rend toutes les autres non nécessaires pour ce faire, sans pour autant les invalider elles.



mercredi 1 mai 2024

III - 1) Problèmes religieux

Dans une première partie je mettrai en avant les aspects strictement religieux qui à mes yeux invalident l'existence d'Allah.

Sommaire

SOMMAIRE   INTRODUCTION  I – LA NOTION DE DIEU DEISTE 1-      Une solution de facilité 2-      L’existence d’un dieu n’est pas nécessaire 3-...